Méditation : Le saint esclavage de l'admirable Mère de Dieu

Postez ici vos intentions de prière.
amidelamisericorde
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DEUXIÈME TRAITE

CHAPITRE VII

De la charité incomparable de la très sainte Vierge


C'est ici, dit saint Thomas de Villeneuve, que toutes les langues doivent garder le silence, la grandeur de l'amour de Marie surpassant tout ce que l'on peut dire, et même tout ce que l'on peut en penser.

Cet amour incomparable l'ayant unie très intimement avec le Dieu de charité, nous ne pouvons douter qu'elle n'ait été animée du même zèle du salut des âmes, qui consumait le cœur de Jésus-Christ.

Notre Seigneur nous l'ayant donnée avec une si douce bonté pour mère, à même temps il lui a donné un cœur vraiment maternel, qui a lui seul plus de tendresses que tous les cœurs des mères qui ont été, qui sont, et qui seront jamais : cœur le plus doux et le plus obligeant de tous les cœurs, après celui de l'aimable Jésus : cœur le nonpareil et tout de charité, toujours ouvert à tous, et jamais fermé à personne : car où est le misérable qui n'en ait été assisté en ses misères ?

Où est la personne persécutée qui n'y ait rencontré un asile favorable ? Où est la personne affligée qui n'y ait trouvé sa consolation ? Où est la personne délaissée qui n'en reçu de charitables secours ?

Qui jamais a espéré en ce cœur tout d'amour, et a été confus ? Qui jamais a eu recours à son amoureuse bonté, sans en avoir des effets d'une Miséricorde incomparable ? Qui l'a invoqué sans en être écouté ? Qui l'a prié sans en être exaucé ?

Non, jamais il n'a été dit ni ouï dans tous les siècles qu'aucun se soit adressé à ce cœur amoureux, et en ait été délaissé.

Les plus abandonnés y trouvent un accès favorable, il est l'espérance des plus désespérés, la douceur des esprits les plus peinés, et la vie dans la mort même.

C'est le grand secours des Chrétiens, et la lumière des ténèbres des infidèles. Oh ! Que de choses glorieuses l'on raconte de cette cité de Dieu ! La tout aimable Marie aime ceux qui l'aiment, elle marche dans les voies de la justice, pour enrichir les âmes de ses dévots de tous les biens du paradis, et les combler de toutes sortes de bénédictions.

Oh ! Que si les hommes savaient ce que c'est que d'être aimé de cette reine du ciel ! Elle donne sa protection d'une manière très spéciale à tous les Chrétiens.

Mais son amour ne s'en arrête pas là, elle cherche ceux qui la fuient, elle bénit ceux qui la maudissent, elle prie pour ceux qui la blasphèment, elle n'a que des bontés ineffables pour ses plus cruels ennemis, faisant éclater ses Miséricordes sur les injustes aussi bien que sur les justes, sur les fidèles et infidèles, sur les catholiques et hérétiques, répandant ses grâces depuis un bout du monde jusqu'à l'autre, et toute la terre étant remplie de ses libérales faveurs.

Oh ! Combien de peuples qui marchaient dans les ténèbres ont vu une grande lumière ! Combien de pays hérétiques convertis à la foi ? Combien de terres d'infidèles soumises à l'Évangile par ses soins ineffables ?

Source : livres-mystiques.com

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DEUXIÈME TRAITE

CHAPITRE VII

De la charité incomparable de la très sainte Vierge


Son nom est grand dans toutes les nations, il donne de la joie aux anges et à tous les bienheureux, de la sainteté aux âmes parfaites, accroissement de grâces aux justes, le pardon des crimes aux pécheurs, le soulagement dans les peines aux âmes du purgatoire, et jette la terreur dans l'enfer.

C'est la liberté des esclaves, le refuge des pécheurs, la santé des malades, la force des faibles, l'élévation des âmes les plus humiliées, les richesses des pauvres, l'honneur des plus méprisés, le plaisir des âmes crucifiées, la défense de ceux qui sont sans secours, et enfin la gloire et l'ornement de tout le christianisme.

Disons donc que la divine Marie est une lune qui éclaire Miséricordieusement les pécheurs qui errent parmi les obscurités d'une nuit fâcheuse, où leurs péchés les engagent si misérablement.

Disons qu'elle est une aurore qui, dans le point du jour qui commence à paraitre aux âmes nouvellement converties, les assiste de ses agréables clartés, pour leur faire connaitre les voies de la justice.

Disons qu'elle est un soleil qui, dans son plein midi, découvre toutes les beautés du monde de la grâce aux âmes parfaites, et les consume délicieusement dans les ardeurs du pur amour.

Disons qu'elle est toute à tous, dans toutes sortes d'états et de conditions, pour toutes sortes de besoins et de nécessités, en toutes sortes de lieux, d'occasions et de temps ; et que toujours ses Miséricordes sont incompréhensibles.

Comme notre mère, elle est portée à nous bien faire ; comme bonne, elle le veut ; comme puissante, elle le peut.

Que pourrait refuser son Fils, qui est Dieu, à une telle Mère ? Mais que ne demandera pas une si charitable Mère pour ses enfants ?

Richard de Saint-Laurens méditant sur ces paroles du Psalmiste : Votre oreille, ô mon Dieu ! a écouté la préparation du coeur des pauvres (Psal. X, 17), recherche quelle est cette oreille du Seigneur si attentive aux besoins des misérables, que non-seulement elle en écoute les désirs, mais encore la disposition de leur coeu.

Il estime que c'est la glorieuse Mère de Dieu. La bienheureuse Vierge, dit ce grand homme, est votre oreille, ô mon Dieu ! parce que c'est par elle que vous écoutez les pauvres, comme nous entendons par nos oreilles.

Source : livres-mystiques.com

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CHAPITRE VII

De la charité incomparable de la très sainte Vierge


L'amour, dit saint François de Sales, ne se paye que par l'amour ; ainsi les bontés incomparables du très-saint coeur de notre glorieuse maitresse demandent de nos coeurs toutes les tendresses possibles.

Mais elles ne peuvent être des marques d'une véritable affection, si nous ne prenons soin de lui plaire ; ce que nous ne ferons jamais bien que par l'imitation de son amour envers Dieu et envers le prochain.

Il faut donc aimer Dieu ; et premièrement il le faut aimer souverainement, faisant plus d'état de son amitié que de tout le monde et de toutes les choses du monde, et étant en la disposition de perdre plutôt tout son honneur, tous ses biens, ses charges, ses amis et sa vie même, et de souffrir toutes sortes d'injures et de peines, que de l'offenser par un seul péché mortel.

Sans cette disposition il n'y a point de salut, et il faut être damné. Davantage, il faut tâcher à ne commettre jamais aucun péché véniel avec une entière advertance : l'âme qui sait un peu ce que c'est que le pur amour aimerait mieux mourir de mille morts que de commettre la moindre imperfection volontairement.

Secondement, il le faut aimer généralement, l'aimant en tout ce que l'on aime, ne cherchant que ses intérêts dans nos intérêts et dans les intérêts de toutes les créatures.

Quelque part donc que l'on aille, c'est à Dieu qu'il faut aller ; quelque chose que l'on fasse, c'est pour Dieu qu'on la doit faire ; tout ce que l'on dit doit être dit pour la gloire de Dieu : il faut porter toutes les peines pour son amour, et dans toutes les affaires n'avoir qu'une seule affaire, qui est d'exécuter sa sainte volonté.

En troisième lieu, il le faut aimer uniquement. Oh ! Que trop est avare à qui il ne suffit ! Il ne faut donc pas aimer avec lui des choses qu'il n'aime pas, comme l'imperfection et les bagatelles du monde, il ne faut aimer que ce qu'il aime, et comme il veut qu'on l'aime.

Un enfant aime son père, une femme son mari, et Dieu le veut ; non pas par nature, mais par grâce ; et en aimant ce que Dieu veut qu'on aime, et comme il le veut, c'est lui seul qui doit être uniquement aimé en tous les objets aimés.

O Dieu seul, Dieu seul, Dieu seul, et toujours Dieu seul ! Quand l'âme est arrivée à ne plus aimer que Dieu seul, elle entre dans une parfaite indifférence pour toutes choses, ne voulant plus rien autre chose que ce Dieu seul.

Elle ne se soucie plus d'intérêts, elle ne se voit plus, elle ne pense plus à elle, elle ne s'attriste ou ne se réjouit que de ce qui déplaît à Dieu, ou de ce qui lui est agréable.

Dieu seul est son tout, et tout le reste ne lui est rien ; elle est dans le monde comme s'il n'y avait que Dieu seul et elle, et elle n'est touchée d'autre chose.

Source : livres-mystiques.com

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CHAPITRE VII

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Si l'on demande ce qu'il faut faire pour aimer Dieu, l'on répond, selon l'Évangile, qu'il faut se haïr ; et, pour se haïr, il faut être bien aise dans les voies de la pauvreté, du mépris et de la douleur ; il faut porter sa croix, renoncer à sa propre humeur, ne pas suivre ses inclinations, mortifier les sens intérieurs et extérieurs, et les trois puissances de l'âme, et les mettre dans le rien, afin qu'il n'y ait que Dieu seul.

C'est ce chemin admirable du vénérable Père Jean de la Croix, homme tout séraphique, où il y a cinq fois rien, où l'on ne marche que par le néant. Il ne faut donc jamais mettre sa joie dans aucune chose créée : et la fidélité de l'âme, qui cherche Dieu seul, consiste à ne se chercher jamais avec une entière vue dans toutes ses actions.

C'est ici qu'il faut prendre les véritables marques de l'amour de Dieu, de qui nous nous approchons que par l'éloignement de la créature ; et l'on ne peut trop répéter ces maximes. Où il y a moins de créature, il y a plus de Dieu ; où il n'y a rien de la créature, Dieu seul y est. Oh ! Que bienheureuses donc sont les humiliations, les opprobres, les calomnies, les abandonnements, les pauvretés, puisque tout cela éloigne la créature de nous.

C'est donc Dieu seul qu'il faut aimer, et c'est lui seul qu'il faut aimer dans le cher prochain, premièrement, en ne lui faisant aucun tort en ses biens temporels, comme en lui prenant ou retenant quelque chose qui lui appartient, ou donnant aide et secours à ceux qui lui font quelque injustice.

Secondement, prenant bien garde d'en relever le péché secret, quoique véritable, à moins que ce ne soit au supérieur pour y remédier, et encore lorsqu'il est seul, et non pas en présence d'autres personnes ; car il n'est permis de le dire précisément qu'à ceux qui sont en autorité d'y apporter le remède, si ce n'est d'autres personnes qui y sont encore nécessaires et dont l'on a besoin.

À bien plus forte raison ne doit-on pas parler de péchés que l'on ne sait pas être véritables, et que souvent l'on impose ou bien qui sont douteux. Mais la dernière malice est lorsqu'on les invente, ou bien qu'on les publie légèrement sur des rapports incertains : ce qui est une méchanceté de diable plutôt que d'homme. Il ne faut pas écouter volontiers tous ces gens, ni coopérer à leurs médisances, soit en leur témoignant bon visage, soit en ne les reprenant pas : ce qui est d'obligation à ceux qui ont quelque pouvoir ; et lorsqu'on ne peut pas reprendre, au moins il faut faire voir autant que l'on peut que ces discours ne plaisent pas, et tâcher de les divertir sagement.

« Le diable, dit saint François de Sales, est sur la langue de ceux qui parlent, et sur les oreilles de ceux qui les écoutent. » Ces pêchés obligent à la restitution, à quoi plusieurs médisants ne pensent guère ; obligation très étroite, qui sera la cause de la damnation de plusieurs confesseurs qui donnent l'absolution sans l'imposer, et passent assez légèrement par-dessus un crime, « lequel, s'il était ôté, dit encore le glorieux évêque de Genève, la plupart des péchés seraient ôtés. »

Vous verrez, dit l'angélique Docteur, des personnes qui, étant exemptes presque de tous les péchés, tomberont dans celui-ci. Le cardinal Tolet l'appelait « une maladie dont tout le monde est malade. » Il est d'autant plus dangereux que l'horreur s'en fait moins connaître : car souvent on traite de galanterie et de bon mot une parole dite au désavantage du prochain ; et celui qui l'a dite n'en passe pas pour moins honnête homme.

Source : livres-mystiques.com

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CHAPITRE VII

De la charité incomparable de la très sainte Vierge


Cela est cause que ce vice devient très ordinaire, qu'il y a peu de compagnies où il ne se glisse. En venant de la communion, on y récidive ; et quelquefois même au lit de la mort, une personne qui aura liberté de parler le commettra facilement dans l'entretien qu'elle aura avec ceux qui la visitent.

Si l'on jurait, si l'on se mettait en colère, chacun y prendrait garde ; mais une médisance se glisse imperceptiblement dans le discours, et très peu de personnes réparent le tort qu'elles font : c'est pourquoi il y a peu d'espérance de salut pour les médisants.

Il faut aussi se donner de garde des jugements téméraires, des envies, qui sont encore un mal dangereux qui ronge malheureusement le coeur de plusieurs ; des querelles, des dissensions, des rapports que l'on fait de ce que l'on entend aux personnes qui sont offensées, leur déclarant ceux qui les ont blessées, et ce qui met l'inimitié entre eux.

Ces gens sont en horreur à Dieu, et il les a en abomination, et ils sont obligés à rétablir la paix qu'ils ont ôtée. Dieu hait aussi extrêmement un esprit moqueur, et qui raille aux dépens d'autrui. Jamais il ne faut rien dire ou faire qui puisse blesser le cher prochain, soit qu'on le fasse en riant ou d'une autre manière.

Mais il faut avoir un coeur tout de charité pour tout le monde, estimant un chacun, en parlant toujours avec respect, se prévenant d'honneur les uns les autres, évitant tout ce qui lui peut être désagréable, lui condescendant en toutes choses licites, se donnant de garde d'un esprit pointilleux qui trouve à redire à tout, qui dispute sur toutes choses, qui contrarie à ce que les autres veulent, qui a toujours des sentiments particuliers, qui s'opiniâtre dans le soutien de ses pensées.

Mais tâchant de faire plutôt la volonté d'autrui que la nôtre. La charité demande encore que l'on assiste libéralement les personnes qui sont dans le besoin : car si elle est véritable, elle n'a rien à elle, mais tout ce qu'elle a est pour les autres.

Un coeur attaché au bien ne sait guère ce que c'est que la véritable charité. Enfin, il faut même aimer ceux qui nous haïssent, les bénissant lorsqu'ils nous maudissent, les obligeant lorsqu'ils nous désobligent, priant pour eux d'un coeur sincère, les pénétrant dans les témoignages de toute sorte d'amitié, cherchant les occasions de les servir.

Ce qu'il faut faire avec joie lorsque ces bienheureuses occasions se présentent, les ménageant avec action de grâce, comme des moments précieux qui nous donnent lieu de témoigner à notre Maitre et notre Dieu que c'est en vérité que nous l'aimons.

Cette pensée est étrangement forte à l'âme qui a de l'amour pour son Dieu : car que ne voudrait-elle pas faire pour lui en donner des marques ?

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CHAPITRE VII

De la charité incomparable de la très sainte Vierge



Il est vrai qu'il est dur à la nature d'obliger et de bien faire à ses ennemis ; mais il est doux de surmonter la nature pour l'amour de son Dieu. Ce sentiment remplissait de mouvements de charité les coeurs des saints, qui non-seulement faisaient du bien à ceux qui leur faisaient du mal, mais ils s'appliquaient à les obliger et à leur rendre les services les plus notables que l'on peut faire à ses meilleurs amis.

Saint Ignace, fondateur de la Compagnie de Jésus, avait été très maltraité d'un certain homme qui demeurait avec lui à Paris, et qui avait même emporté le peu de chose qu'il avait, vivant pour lors dans une grande pauvreté : ce qui était une grande perfidie aussi bien qu'une extrême malice.

Ce misérable s'étant retiré à Rouen, et saint Ignace ayant appris qu'il y était demeuré malade, fit à pied le chemin qu'il y a de Paris à Rouen, qui est de vingt-huit lieues, et sans prendre aucune nourriture, pour aller le secourir.

C'est ce que font les saints, parce que les saints aiment Dieu. Aussi quand on voulait parler d'un Chrétien dans la primitive Église, l'on disait que c'était un homme qui aimait ceux qui le haïssaient. C'est en cela que nous montrerons à la très sainte Vierge, notre douce et très bonne mère, que nous sommes ses véritables enfants.

CHAPITRE VIII

De l'humilité de la très sainte Vierge


Si à proportion qu'un édifice doit être élevé, les fondements doivent en être jetés plus avant en terre, que devons-nous penser de l'humilité de la très sacrée Vierge, qui a été le fondement de toutes ses vertus et de la gloire immense dont son Fils bien-aimé l'a couronnée.

Tout est grand en la divine Marie, tout y est admirable, tout y est surprenant : mais il n'y a point d'esprit qui ne se doive perdre dans la profondeur incroyable de son humilité. Que celui-là qui nous peut faire connaitre ses grandeurs presque infinies, nous découvre l'abîme de son humilité.

« Elle est élevée, dit saint Bernard, à la dignité de Mère de Dieu, et elle s'en appelle la servante » : elle porte un Dieu dans ses entrailles, dont elle est la Mère, et elle fait un voyage pénible pour aller rendre visite à sa cousine sainte Élisabeth, de même pour la servir en sa maison.

Si on la loue, elle renvoie tout l'honneur qui lui est rendu, à Dieu seul : elle est la souveraine du ciel et de la terre, et elle ne fait point difficulté d'obéir au commandement de César : celle qui comptait quatorze rois dans sa famille, loge volontiers dans une caverne, où elle ne trouve pour compagnie que des bêtes : celle qui est plus pure que les anges, veut bien passer pour immonde le jour de sa purification : celle qui doit commander aux anges et aux hommes, épouse un pauvre charpentier et lui obéit avec une soumission très respectueuse.

« Celle, dit le saint dévot Bernard que nous venons de citer, qui est la première de toutes les créatures, se met la dernière dans le cénacle après l'ascension de Notre-Seigneur, au-dessous des veuves et des pénitentes, et de celle dont il est écrit, que sept démons en avaient été chassés !

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CHAPITRE VIII

De l'humilité de la très sainte Vierge


Si elle parle, elle ne se nomme pas la première. » Elle ne dit pas dans l'Évangile, dit un Père : Voici que moi et votre père, entendant saint Joseph, vous cherchions ; mais elle dit : Votre père et moi. (Luc. II, 48) Comme elle devait recevoir en soi un Dieu infini, et renfermer dans ses pures entrailles celui que les cieux et la terre ne peuvent comprendre, elle devait aussi avoir une disposition comme infinie pour la communication de cet être infini ; c'est pourquoi elle se mit dans le néant par une humilité tout abîmale ; et, selon la version de Vatable, si elle chante (Luc, I, 48), que toutes les nations la diront bienheureuse, c'est parce qu'elle croit que le Seigneur a arrêté les yeux sur son néant.

Elle a révélé à sainte Brigitte, qu'elle souhaitait de voir le temps du Messie, pour avoir l'honneur d'être la servante de sa mère, et, comme il est rapporté dans une autre révélation, la servante des servantes de sa mère. Saint Bonaventure nous apprend qu'elle demandait à Dieu la grâce d'être et de vivre dans le temps que son Fils devait s'incarner, et le priait de lui conserver les yeux pour voir sa très pure mère ; sa langue pour pouvoir la louer ; ses mains pour pouvoir lui servir ; ses pieds pour aller à l'exécution de ses ordres.

Mais, ce qui est bien admirable, c'est qu'étant remplie de grâces et ornée de toutes les vertus, et enfin, étant la Mère d'un Dieu, elle a révélé qu'elle ne s'est jamais préférée à aucune créature.

Après cela, où se mettra le pécheur, le ver de terre, le morceau de boue et de crachat, l'ennemi de Dieu et l'esclave de l'enfer ? Y a-t-il des abîmes assez profonds pour nous perdre, dans la vue d'une humilité si prodigieuse en la personne de la mère d'un Dieu ? Je ne vois que des abaissements ineffables en celle que Dieu élève au-dessus des séraphins, et je ne vois que des élévations superbes dans ceux qui méritent d'être abaissés jusque dans les enfers : je ne vois que des anéantissements épouvantables en celle qui est la mère du grand tout, et à qui tout est donné ; car comment y aurait-il quelque réserve pour une Vierge à qui Dieu se donne pour Fils ?

Et l'on ne remarque qu'un orgueil détestable en ceux qui n'ont pour apanage que le rien et le péché. Malheur à nous qui pensons être quelque chose, quoique nous ne soyons rien, et qui voulons être considérés des autres, et occuper quelque place dans le monde.

Hélas ! Les saints en qui la vertu de Jésus-Christ deviennent grands, qui disent et font bien ce qu'ils disent et ce qu'ils font, pensent toujours ne rien faire, et ne se croient dignes que de mépris et de confusion, pendant que nous autres, pauvres pécheurs, qui ne sommes que corruption, estimons faire quelque chose et mériter quelque approbation.

La misère nous environne de tous côtés, et nous courons après la gloire de toutes parts ; nos malheurs ne sont-ils pas extrêmes, et nos malices étrangement criminelles, d'être ce que nous sommes, c'est-à-dire rien, et moins que rien, et cependant vouloir toujours être quelque chose ? Le néant nous appartient, car c'est du néant que nous sommes tirés, et c'est dans ce néant que nous retomberions, si Dieu, tout bon, cessait un moment de nous conserver.

Mais à ce néant naturel nous ajoutons le néant criminel du péché ; ainsi voilà le néant sur néant. Nous ne sommes rien par notre origine naturelle, et nous ne sommes rien par le péché. Ce n'est pas tout, nous sommes même moins que rien, parce que celui qui fait le péché est l'esclave du péché : n'étant donc rien en tant de manières, nous nous mettons encore au-dessous du rien.

Oh ! Que de néants se présentent à une âme véritablement éclairée ! Celui donc qui a la lumière de Dieu, et qui ne marche pas dans les voies ténébreuses de la corruption des sens et du monde aveugle, ne peut jamais avoir que de très bas sentiments de soi-même, et ne se voit jamais que dans son rien. Oh ! Que Dieu parait grand à ses yeux, et qu'il y est petit ! Que de lumières il a sur son incapacité, son impuissance, ses faiblesses, ses misères ! Qu'il connaît clairement, que quand il a tout fait, il n'a rien fait, et qu'il est toujours un serviteur inutile !

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CHAPITRE VIII

De l'humilité de la très sainte Vierge


Sainte Thérèse recherchant pourquoi Dieu aimait tant l'humilité, elle découvrit que c'est parce qu'il est le Dieu de vérité. Ceux donc qui marchent dans la vérité, sont toujours humbles : la vanité vient de l'erreur et de l'ignorance.

C'est pourquoi les pécheurs qui sont enveloppés dans les nuages du péché, sont plus sujets à la présomption ; et les saints qui cheminent dans le beau chemin de la grâce, en sont bien éloignés.

L'on s'étonne de ce que l'angélique Docteur disait qu'il n'avait jamais eu de pensées de vanité ; l'on est surpris de ce que saint Ignace, le fondateur de la Compagnie de Jésus, assurait qu'il ne savait pas comme l'on pouvait en prendre.

Et de vrai il y a bien à s'étonner que de pauvres malheureux comme nous sommes, qui y sommes si exposés, quelque misère que nous ayons, pendant que ces sains tout environnés de gloire en étaient si éloignés.

Mais c'est, comme nous l'avons dit, que les saints voient les choses dans la vérité, pendant que nous ne les regardons que dans l'illusion ; que souvent nous faisons pitié aux saints anges, par l'estime que nous avons de ce que nous sommes, ou de ce que nous faisons !

Que ces pensées vaines qui roulent dans nos esprits, leur paraissent ridicules ! Et qu'elles nous sont ennuyeuses à l'heure de notre mort ! Que notre orgueil nous deviendra abominable au temps du Jugement rigoureux de notre Dieu !

Nous découvrirons pour lors la sottise de toutes ces pensées et de tous ces discours de noblesse, de condition, de talents naturels, de grand esprit, de sciences, de charges, d'honneurs, de biens, de beauté de corps, et de choses semblables.

Mais pourquoi attendons-nous à connaitre la vanité des choses créées, dans un temps où la connaissance en sera inutile ? Pourquoi n'ouvrons-nous pas nos yeux aux pures lumières de la foi ?

Et si nous les ouvrons, si nous savons la vanité de nos pensées et de nos paroles, pourquoi nous trompons-nous nous-mêmes, agissant d'une manière contraire à ce que nous pensons ?

Celui donc qui est véritablement humble, demeure toujours dans son néant, et il parle et agit, ne se retirant jamais de son rien. De là vient que premièrement il ne s'estime et ne se préfère jamais à aucune créature, mais il se voit au-dessous de toutes.

C'étaient les sentiments du divin Paul, qui se qualifiait le premier des pécheurs (I Tim., I, 15) : c'étaient les pensées du grand saint François, qui se reconnaissait pour le plus grand pécheur du monde.

En cet état, l'on ne s'occupe pas tant d'une multitude de raisonnements que le propre esprit donne ; mais l'on porte une impression de grâce qui fait entrer dans ces sentiments, qui est fondée sur quelque chose de bien plus solide que les raisonnements de nos petits esprits.

J'ai connu à Paris un vénérable vieillard, qui marchant dans les rues allait le long du ruisseau, quoique avec incommodité, dans la vue dont il était pénétré, qu'il le devait céder à tout le monde, et se mettre au-dessous des pieds de toute créature.

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De l'humilité de la très sainte Vierge

Le saint homme le P. de Condren se trouvant un jour obligé de coucher, faisant voyage, dans un lieu où les chiens passaient la nuit.

Et ayant pris un peu de paille qu'il y trouva, pour se reposer : comme il s'aperçut que cette paille servait à un chien qui était auprès de lui, il la quitta pour la lui laisser, dans la vue que ce grand serviteur de Dieu avait, qu'il était au-dessous des chiens par ses imperfections, qui assurément étaient bien légères, puisqu'ayant l'usage de raison depuis l'âge de deux ou trois ans, il avait été tellement appliqué à Dieu seul, qu'une personne ayant trouvé un papier où il avait écrit une confession de plusieurs années qu'il avait passées à la campagne à recevoir les compagnies, et dans les divertissements de la chasse, y étant obligé par ses parents, et étant encore bien jeune, et cette personne en ayant lu le commencement par mégarde, ne sachant ce que c'était, elle y trouva qu'il s'accusait d'avoir perdu la présence de Dieu tout au plus neuf ou dix fois durant plusieurs années, et dans des occupations si peu propres au recueillement.

Ce sont à la vérité des prodiges de la grâce : mais si ces personnes qui sont les miracles du christianisme, se mettent si bas, ces personnes qui doivent occuper les premières places d'un empire éternel, où se mettront celles dont les péchés méritent le dernier lieu de l'enfer ?

Le bienheureux François de Borgia disait, qu'il ne pouvait trouver de place assez basse, après qu'un Dieu s'était mis au-dessous des pieds de Judas.

Ajoutons à cette pensée, et qu'il s'est laissé porter par le démon. Disons encore, et que dans le très-saint sacrement il s'humilie sous une apparence de pain et de vin, et est exposé à la rage des impies qui l'ont plusieurs fois foulé aux pieds, qui l'ont jeté aux pourceaux, et aux sorciers qui l'ont porté à leur infâme Sabath.

Il faut que tout esprit s'arrête dans ces vues terribles, pour se perdre sans ressource dans des abimes anéantissants.

Plus de place donc pour nous dans le monde, plus de place dans aucun esprit pour y trouver la moindre estime, plus de place dans aucun coeur pour y trouver la moindre affection.

Dieu seul, Dieu seul, Dieu seul ; ou si nous y avons quelque place, que ce soit pour y être crucifiés par le mépris et les opprobres, pour y être anéantis par le rebut des créatures.

Notre lieu est l'enfer, nous ne sommes dignes que de l'ire de Dieu et de sa colère éternelle.

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CHAPITRE VIII

De l'humilité de la très sainte Vierge


Cette vérité est certaine, pénétrant l'âme du véritable humble, il ne se plaint jamais, il ne pense pas qu'on lui fasse jamais tort ; il croit, quelque mal qu'on lui procure, qu'il est toujours trop bien traité : ainsi il ne regarde jamais ses plus cruels ennemis que comme des gens qui lui font grâces.

Et de vrai, si un homme qui serait condamné à être brûlé, n'était puni que d'un soufflet, aurait-il sujet de se plaindre ? Si nous donc qui méritons des confusions infinies, souffrons quelques affronts qui passent bientôt, devons-nous nous en étonner ?

N'est-ce pas une grâce très grande de souffrir dans le temps, quelques peines que nous puissions avoir, et quand elles dureraient toute notre vie, pour éviter les peines des enfers qui n'auront jamais de fin ?

Y a-t-il quelque comparaison entre les souffrances qui nous peuvent arriver de la part des hommes, pour grandes qu'elles puissent être, et celles que nous méritons d'endurer pour jamais des démons ?

Tous les tourments de la vie présente ont-ils quelques rapports avec ceux de l'éternité ? Je dis donc que quand l'on viendrait nous prendre pour nous faire mourir sur un gibet, nous n'aurions pas sujet de murmurer, mais d'adorer avec soumission la justice divine.

Et c'est ce que nous devons faire dans tous les maux qui nous arrivent, soit de la part de Dieu immédiatement, soit de la part des hommes et des démons par la conduite de la divine Providence, qui s'en sert pour notre bien et pour sa gloire.

Enfin, le véritable humble n'a pas seulement de très bas sentiments de lui-même, mais il est bien aise que les autres aient les mêmes pensées de lui.

Ainsi, s'il voit sa misère, il bénit Dieu lorsqu'elle est connue des autres. Davantage, il se réjouit lorsqu'on lui impose des maux qu'il n'a pas faits, à l'exemple de son divin maitre, qui étant l'innocence même, non-seulement a passé pour criminel, mais a été condamné et jugé à la mort ignominieuse de la croix?

Et à l'exemple de sa bonne maîtresse, qui étant la plus pure créature qui fut jamais, n'a pas laissé de subir la loi de la purification, qui était ordonnée aux femmes dans l'ancienne loi.

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DEUXIÈME TRAITE

CHAPITRE IX

De la pauvreté de la très-sainte Vierge


L'union intime de la très sainte Vierge avec son Fils bien-aimé ayant été si grande, qu'elle a été qualifiée par quelques Pères, d'unité, ne peut laisser aucun doute qu'elle ne lui ait été parfaitement conforme en sa très pure vie et en toutes ses actions.

C'est pourquoi il est assuré quelle a chéri tendrement la pauvreté, et l'a pratiquée dans un dénûment entier de tous les biens temporels, puisque l'adorable Jésus a voulu naitre, vivre et mourir très pauvre, la pauvreté avant été l'une de ses plus chères vertus.

Mais l'on demande comment la sainte Vierge a pu être pauvre, ses parents ayant des biens considérables, dont elle devait hériter, étant fille unique ? Saint Joachim et sainte Anne avaient des terres, des bois, et nombre de troupeaux, qui faisaient en ce temps-là une partie des richesses des plus accommodées. Saint Joachim avait de son côté, selon saint Ildephonse, une maison en Nazareth, et une autre en Jérusalem, selon saint Jean Damascène.

Saint Germain, patriarche de Constantinople, nous apprend que sainte Anne avait aussi un jardin et un héritage en Nazareth ; ce qui leur donnait lieu, selon l'ancienne tradition, de partager tous les ans leurs revenus en trois parties, dont ils offraient la première au temple, et donnaient la seconde aux pauvres, et ils se réservaient la troisième pour leur nourriture et entretien.

Si l'on dit que la très sainte Vierge a donné tous ces biens aux pauvres, l'on répond qu'il était défendu par la loi d'aliéner le bien de sa famille.

Cependant il est très certain qu'elle était pauvre ; car autrement Notre-Seigneur ne laurait pas été, étant son Fils unique, et à qui par suite appartenait son bien.

Davantage, n'ayant offert que deux tourterelles, qui était le présent des pauvres, le jour de la présentation de son Fils bien-aimé

Il faut nécessairement conclure qu'elle n'avait pas le moyen d'acheter un agneau, pour faire l'offrande accoutumée. Il faut donc dire qu'elle avait cédé tout le droit qu'elle avait à ses biens, aux personnes de sa famille qui lui étaient les plus proches ; car il n'était pas permis d'en priver ceux à qui la succession touchait de plus près

Et elle avait fait cette cession auparavant l'incarnation du Verbe en ses chastes entrailles, car autrement elle ne l'aurait pu faire, ayant un fils. Si elle s'était réservée une maison, c'était à raison de l'honnêteté, et même l'on peut dire qu'elle n'en avait que l'usage, et pour pouvoir vivre plus retirée.

Mais la pauvreté n'en souffrait rien, puisque ce n'était qu'une chétive chambre, qui avait plutôt la forme d'une prison que non pas d'une maison, et qui était toute destituée de meubles, ayant donné ceux dont elle avait hérité aux pauvres.

Source : livres-mystiques.com

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CHAPITRE IX

De la pauvreté de la très-sainte Vierge


Sainte Brigitte, au livre 1er de ses Révélations, déclare qu'elle lui a révélé qu'elle avait fait voeu dès le commencement de sa sainte vie, de ne posséder rien au monde. Elle inspira le même dessein à son virginal époux saint Joseph, aussi ils vivaient du travail de leurs mains, et sans aucun serviteur ou servante. Quelle conduite de l'amoureuse providence de Dieu, et qu'elle est admirable ! Quelle consolation pour les personnes humiliées, pauvres et sans secours !

C'est donc ainsi que Dieu traite les deux premières créatures du ciel et de la terre. Saint Bonaventure, considérant les présents que les rois mages avaient offerts à Notre-Seigneur, faisaient, assurément, une somme très notable, et que la très sainte Vierge avait distribués en peu de jours aux pauvres (car autrement elle eût été obligée d'acheter un anneau pour offrir au temple, et non pas deux tourterelles) ;

ce saint homme s'écrie : Que pensez-vous que cette sainte dame ait fait de cet or ? Croyez-vous qu'elle l'ait mis en dépôt pour le garder, ou qu'elle en ait acheté des maisons, des terres et des vignes ? Il est très certain qu'il n'en a pas été ainsi.

Celle qui avait un amour parfait pour la pauvreté, ne se souciait guère de ces choses. Bède et l'abbé Rupert assurent qu'après l'ascension de son Fils, elle ne vivait que d'aumônes, qu'elle venait même recevoir avec les autres pauvres femmes, ou bien qui lui étaient portées par son cher favori saint Jean l'Évangéliste, à qui l'on donnait pour ce sujet une double portion.

C'est pourquoi Dominique Soto, enseignant que les pauvres volontaires, et qui le sont par une profession libre, seront au nombre de ceux qui jugeront au dernier jour, dit que la glorieuse Vierge sera toute la première de ces bienheureux pauvres.

L'esprit de pauvreté est tout â fait opposé à l'esprit du monde, qui n'est qu'intérêt, qui n'est que courtoisie, d'où arrivent tant de maux qui inondent presque toute la terre. C'est pourquoi le Fils Je Dieu et sa divine Mère ont tant aimé la pauvreté, pour nous apprendre à faire un saint mépris des biens de ce siècle.

Ceux qui sont obligés par leur condition d'avoir des biens, ne doivent pas mettre leur esprit dans leurs richesses, ni leurs richesses dans leur esprit, n'y engageant nullement leurs affections, mais bien au contraire s'humiliant de se voir dans un état si éloigné de celui de Jésus et de Marie, dans lequel on ne doit pas s'élever, mais craindre, comme l'ordonne saint Paul (Rom. XI, 20), et dont les misères sont si grandes, selon le Saint-Esprit, en l'Épître de saint Jacques (V, 1), que les riches ne doivent pas seulement pleurer, mais hurler, pour parler avec l'Écriture.

Feu M. de Renty, assez connu pour son éminente piété, étant tout pénétré de cette lumière, ne se considérait que comme un goujat dans le christianisme, dont les pauvres sont les princes et les rois : ce qui l'obligeait de se mettre quelquefois à genoux devant son directeur, en disant ces paroles : O mon Père ! n'y a-t-il pas moyen d'être pauvre ?

Les riches sont donc plus dignes de pitié que d'envie, et ils doivent porter leur condition avec patience, et non pas avec attache. Ceux qui ont peu de biens s'en doivent donc bien contenter, parce qu'ils sont moins malheureux, et se donner bien de garde den désirer davantage, puisque ceux qui veulent être riches tombent dans les tentations et les pièges du diable, et dans plusieurs désirs pernicieux et inutiles, qui conduisent les hommes à la mort, et enfin les perdent.

Source : livres-mystiques.com

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CHAPITRE IX

De la pauvreté de la très-sainte Vierge


L'état de la pauvreté est ce qui fait la gloire du christianisme. Nous venons de dire que les pauvres en sont les rois. Cette pensée obligeait le saint homme, P. de Mattaincourt, de faire des civilités extraordinaires aux personnes qui étaient destituées des biens temporels, que les saints appellent quelquefois des maux : et lorsqu'elles le venaient voir, il allait les reconduire bien loin avec de profonds respects.

Le P. de Condren, considérant qu'il y avait plusieurs pauvres dont les murs étaient fort corrompues, en recherchait la cause dans le mépris de leur grâce. Il n'y a rien disait-il, de plus élevé parmi les Chrétiens, c'est en la haute condition et la première qualité, c'est des plus signalées faveurs que Notre Seigneur fasse en sa Miséricorde : c'est pourquoi, assurait-il, lorsque l'on n'en fait pas un bon usage, l'on mérite les dernières punitions de Dieu.

Ce n'est pas que, parlant ordinairement, il y en a bien plus de sauvés en cet état que des autres, et il est rapporté dans les Annales ecclésiastiques, que les diables étant forcés par saint Dominique, au nom de Jésus-Christ, de dire la vérité, avouèrent que de toutes les conditions, il n'y en avait point dont il en alla moins en enfer, que des pauvres. Il y a même de certaines grâces qui sont attachées à l'état de la sainte pauvreté, et dont les âmes les plus saintes sont privées, n'y étant pas.

Nous en avons un bel exemple dans les premières religieuses de sainte Thérèse, qui n'ayant presque rien dans une pauvre maison où elles étaient, se trouvaient comblées d'une si sainte allégresse, et d'une consolation si particulière, que leur esprit et leur coeur étaient dans une joie et dans une paix admirable.

Et comme il arriva qu'elles furent mieux accommodées, elles commencèrent à se sentir privées de certaines grâces dont elles jouissaient : ce qui leur faisait regretter fortement leur premier état.

Or il est à remarquer que ces saintes filles avançaient tous les jours dans la perfection des vues de Dieu : ce n'était donc pas l'infidélité aux mouvements de l'esprit de Notre-Seigneur, ou quelque relâchement de leur ferveur, qui fut cause d'une telle privation ; mais seulement le changement de l'état de la dernière pauvreté en un autre où elles avaient un peu plus de secours.

Les saints, qui ont connu les richesses inénarrables de la pauvreté, faisaient tout pour obtenir de la divine bonté un don si précieux. Ils ont laissé tous leurs biens, foulant aux pieds généreusement tout ce que la plupart du monde met au-dessus de sa tête, se rendant indignement esclaves de ce que la nature a mis au-dessous de nous bien avant en la terre.

J'ai eu le bien de connaître l'un des grands serviteurs de Dieu de notre temps, feu M. de Bernières trésorier de France à Caen, qui avait des tendresses incroyables pour la pauvreté, et qui ayant pris la résolution de quitter tout son bien (qui était considérable) ;

Source : livres-mystiques.com

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CHAPITRE IX

De la pauvreté de la très-sainte Vierge


Messieurs ses parents, contre l'ordinaire, ayant de la peine à le voir exécuter ce dessein, il me dit que c'était une chose bien résolue, et qu'enfin il ne pouvait plus supporter d'être riche. Puis il ajouta que si l'on s'opposait davantage aux mouvements qu'il en ressentait, il donnerait ses biens au premier venu.

Il exécuta un si généreux dessein plusieurs années auparavant sa précieuse mort ; et tant de beaux sentiments de la pauvreté que nous lisons avec une onction si précieuse dans ses divins ouvrages, ne viennent pas seulement des pensées qu'il en a eues par pure spéculation ; mais bien plus par une solide pratique.

Saint François alla en pèlerinage aux tombeaux de saint Pierre et de saint Paul, pour impétrer du ciel de plus en plus l'établissement de cette chère doctrine de Jésus-Christ, qu'il appelait sa dame et sa reine, et qu'il honorait avec tant d'amour qu'il avait bien de la peine à voir quelqu'un plus pauvre que lui ; ce qui le pressait de changer d'habit lorsqu'il rencontrait quelque mendiant plus pauvrement habillé que lui.

Étant invité d'aller manger à la table d'un cardinal, il fallut qu'il allât mendier auparavant du pain aux portes, afin d'avoir quelque chose de pauvre en une si bonne table.

La bienheureuse Angèle de Foligny fit un pèlerinage de quarante lieux, pour demander la pauvreté, ses directeurs ayant peine à la voir dépouillée de tous ses biens.

Le bienheureux Scocelin, qui vivait du temps de saint Bernard, dans un pays de glaces et de neiges, a été l'incomparable dans l'amour de la pauvreté qu'il pratiquait si rigoureusement, qu'il ne portait pas même d'habits, à la réserve de ce qui était nécessaire pour couvrir la nudité de son corps, autant que l'honnêteté le demandait.

Il n'avait pas de cellule pour se retirer, se souvenant de ce qui est écrit, que les oiseaux ayant des nids, et les renards des tanières, le Fils de l'homme n'avait pas où reposer sa tête.

Il couchait donc à plate terre, dans les bois ou campagnes, exposé à toutes les injures de l'air, n'ayant pas même un trou en terre pour se défendre des incommodités des saisons.

On l'a quelquefois trouvé tombé par terre accablé par la rigueur de l'hiver, n'ayant pour couverture que la neige dont il se servait pour un peu s'échauffer. Saint Bernard, ayant appris avec étonnement une pauvreté si extrême, lui envoya un habit pour le couvrir ; mais le saint homme l'ayant reçu avec action de grâces, ne le put regarder, disant : L'homme apostolique m'a bien dit de le prendre, mais je n'ai pas d'ordre de le conserver.

Source : livres-mystiques.com

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CHAPITRE IX

De la pauvreté de la très-sainte Vierge


Le bienheureux Pierre d'Alcantara prêchait partout les richesses inestimables de la pauvreté, et il en parlait comme un amant passionné.

Il est bien difficile à celui qui aime Jésus-Christ, de ne pas aimer une vertu qu'il a chérie avec tant d'ardeur. Il faut donc l'aimer dans le détachement des richesses, quand on est obligé par sa condition de les posséder, dans la distribution que l'on en doit faire aux nécessiteux avec une libéralité tout entière, les possédant comme si l'on n'en avait pas, se réjouissant dans la perte qui en arrive, affectionnant les pauvres, leur parlant avec douceur, les visitant avec charité, prenant soin de leurs affaires, se trouvant volontiers en leur compagnie, et surmontant dns la peine que la nature peut souffrir des incommodités qui se rencontrent dans leur assistance.

Pour ceux qui sont actuellement dans une pauvreté rude, leur joie doit être dans le fidèle usage d'une si précieuse grâce.

Ils en doivent ménager toute la suite, tous les effets avec action de grâces à la divine bonté, qui les honore d'une si grande faveur.

Ils doivent avoir une haute estime de leur état, ils en doivent parler avec respect, s'étudier tous les jours à s'établir de plus en plus dans l'amour d'une si pure vertu, bien prendre garde à n'en pas mériter la privation par quelque estime ou affection des commodités de la terre, aimer tendrement tout ce qui lui appartient, comme de petites maisons, de pauvres habits, pauvres meubles, et avoir une grande horreur en toutes choses de ce qui lui est opposé, faisant même voir en ses paroles, en ses écrits, et en toutes ses actions, que l'on est véritablement pauvre.

La bienheureuse Angèle de Foligny disait que les riches étaient les personnes que Notre-Seigneur nourrissait des miettes de sa table, pendant qu'il faisait l'honneur aux pauvres de les faire manger avec lui, dans les mêmes plats, et des mêmes mets, et assis en même table.

Oh ! Quel honneur d'avoir cet heureux rapport entre Jésus et Marie. L'on rapporte qu'un jour Notre-Seigneur apparaissant à un pauvre, et l'embrassant tendrement, lui disait ces amoureuses paroles : Pauvre à pauvre, pauvre à pauvre. Cette pensée est capable de donner des tendresses incroyables pour la sainte et tout aimable pauvreté.

CHAPITRE X

De la chasteté de la très sainte Vierge


Comme la virginité est la plus excellente espèce de chasteté, c'est en cette vertu que notre bienheureuse maîtresse a excellé d'une manière qui lui est toute particulière, ayant toujours eu toutes les puissances de son âme et tous les sens et organes de son corps si parfaitement assujettis, que jamais elle n'a ressenti le moindre mouvement du vice contraire, la partie inférieure étant entièrement et sans aucune résistance soumise à la supérieure, qui n'était mue et gouvernée que par le seul Esprit de Dieu seul.

C'est pourquoi un ancien auteur l'appelle la sœur des anges ; car elle vivait dans un corps mortel, comme un esprit dégagé de la matière et comme si elle n'eût pas eu de corps : c'est pourquoi les anges conversaient tous les jours familièrement avec elle, et lui obéissaient (dit l'auteur dont nous venons de parler), comme à leur mère.

Source : livres-mystiques.com

Bonne fête de l'Assomption à tous !

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CHAPITRE X

De la chasteté de la très sainte Vierge


Il appelle la divine Marie Mère des anges, parce que toutes les vierges étant des anges en la chair, l'on peut dire que notre sainte princesse étant la mère de toutes ces vierges, elle a augmenté le nombre des anges et rempli leurs sièges.

Elle est appelée la Vierge par excellence, en sorte qu'à même temps qu'on dit la Vierge, on entend la Mère de Dieu.

L'Église l'invoque sous la qualité de Reine des vierges et de Vierge des vierges, et, ce qui est admirable, c'est quelle l'appelle la virginité même.

L'on ne peut rien ajouter à ce sentiment de l'Église pour faire voir que la pureté de notre aimable princesse, surpassant toute la pureté créée, est entièrement incomparable.

C'est le lis entre les épines des Cantiques, selon le témoignage de Denis le Chartreux, parce que toutes les autres filles ont été des épines ou pour elles ou pour les autres ; mais la très pure Vierge a toujours été un lis très blanc de la virginité, n'ayant jamais su ce que c'est que la rébellion de la chair contre la raison, et ayant toujours inspiré l'amour de la chasteté à toutes les personnes qui ont eu la grâce de la voir, quoiqu'elle fût la plus parfaite en beauté après Jésus qui ait jamais été.

Il ne faut pas s'étonner, dit Richard de Saint-Victor, si son visage était angélique, si sa beauté était céleste, puisqu'elle avait la pureté des anges, et que le Verbe, la splendeur de la lumière éternelle, l'avait choisie pour sa Mère.

Sa divine beauté était accompagnée d'une si douce majesté et d'un éclat si ravissant, que saint Denis l'ayant vue, déclara qu'il l'eût prise pour quelque divinité si la loi ne lui eût assuré du contraire : mais tous les attraits d'une beauté si extraordinaire ne portaient qu'à la pureté.

Ses divins regards, dit le pieux Gerson, comme une rosée céleste éteignaient sous les feux de la convoitise. C'est à bon droit, enseigne Alexandre d'alèse, qu'elle est comparée au cèdre, parce que, comme c'est le propre du cèdre de tuer les serpents de son odeur, de même sa sainteté ôtait toutes les ardeurs sensuelles.

C'est encore avec justice qu'elle est comparée à la myrrhe, parce que, comme la myrrhe fait mourir les vers, aussi sa pureté détruisait tous les mouvements déréglés de la partie inférieure.

L'ange qui instruisait sainte Brigitte, lui révéla que sa très agréable beauté avait été utile et avantageuse à tous ceux qui avaient eu la grâce de la voir, et qu'elle donnait une grande consolation aux âmes.

Il lui manifesta de plus que les personnes les plus portées au péché étaient délivrées de leurs tentations autant de temps qu'elles étaient en sa sainte présence.

Saint Thomas tient qu'il n'était pas possible d'avoir des pensées sensuelles en la regardant ; saint Bonaventure est dans le même sentiment. C'est pourquoi saint Grégoire Thaumaturge qualifie sa beauté de très-sainte beauté.

C'était une Vierge dont les regards angéliques faisaient des vierges, et qui imposait comme un précepte de pureté, selon la pensée de saint Ephrem. C'est ce qui faisait que son virginal époux saint Joseph la mena en Égypte sans aucune crainte, connaissant les rares privilèges de sa virginité.

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CHAPITRE X

De la chasteté de la très sainte Vierge


Celui qui veut garder inviolablement la chasteté doit la confier et la mettre entre les mains de la reine des anges, et attendre tous les secours nécessaires pour surmonter les difficultés qui s'y rencontrent de sa puissante protection.

Il doit se souvenir que c'est un don de Dieu, qu'il faut par suite lui demander par prières, jeûnes et autres bonnes oeuvres, que c'est un don qui est accordé aux humbles, l'impureté étant la peine du vice superbe, étant certain que tôt ou tard les vains et orgueilleux tomberont dans quelque péché honteux.

Je le répète : Que celui-là soit humble qui veut être chaste : la chasteté périra si elle n'est soutenue de l'humilité. C'est un don de Dieu que l'on conserve par l'éloignement des occasions ; dans les combats de la chasteté il faut triompher en fuyant.

L'on doit donc avoir en horreur toutes sortes de familiarités avec les personnes de différent sexe. Soyez extrêmement prompte, dit saint François de Sales parlant à Philothée, à vous détourner des acheminements de la lubricité ; car ce mal agit insensiblement, et par de petits commencements fait progrès à de grands accidents.

Il est toujours plus aisé à fuir qu'à guérir. Les corps humains ressemblent à des verres qui ne peuvent être portés les uns avec les autres en se touchant, sans courir fortune de se rompre ; et aux fruits, lesquels, quoi qu'entiers et bien assaisonnés, reçoivent de la tare s'entretouchant les uns les autres.

Ne permettez jamais, Philothée, qu'aucun vous touche incivilement, ni par manière de folâtrerie, ni par manière de faveur. L'on doit bien aussi se donner de garde des amitiés fondées sur les sens, ou de certaines vertus vaines qui dépendent des sens ; combattant fortement l'inclination affectueuse qui y peut porter : car telles amitiés, dit encore le saint que nous venons de citer, sont folles et vaines, n'ayant pas de fondement ni raison ; et mauvaises, d'autant qu'elles se terminent au péché de la chair, et qu'elles dérobent le coeur à Dieu.

Ce n'est pas qu'il ne se passe quelquefois plusieurs années sans qu'il arrive rien qui soit contraire à la chasteté du corps, le démon même l'empêchant par ses ruses, afin que les personnes qui n'ont pas de mauvais desseins, ne découvrant pas le mal de ces amitiés ou trop fréquentes conversations, tombent plus facilement dans ses pièges.

Pour les paroles équivoques, elles doivent être en abomination à tous ceux qui aiment la chasteté, n'en proférant jamais et ne permettant pas qu'on en profère en sa présence, soit en témoignant courageusement que cela ne plaît pas, soit en l'empêchant absolument dans les personnes sur lesquelles l'on a du pouvoir.

De plus, l'on doit avoir un grand soin de rejeter promptement les mauvaises pensées, se souvenant que si un charbon de feu tombait sur nos habits, nous tâcherions de l'ôter aussitôt et sans aucun retardement. Or ces pensées sont autant de charbons d'enfer que les démons allument pour brûler nos âmes éternellement.

Les personnes qui en sont tentées et qui les souffrent à regret, ne doivent pas s'en inquiéter mais se consoler doucement à l'imitation de plusieurs saints et saintes que Dieu a permis d'être exercés par ces sortes de combats.

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CHAPITRE X

De la chasteté de la très sainte Vierge


La dévotion à la Vierge des vierges et aux saints anges est un excellent moyen pour demeurer victorieux de ces tentations ; et il s'est trouvé des personnes qui, étant sur le point d'y succomber, en ont été délivrées heureusement, entendant seulement prononcer le sacré nom de Marie.

Saint Bernard ayant rencontré un homme tellement plongé dans le vice de l'impureté, qu'il lui semblait comme impossible de s'en corriger ; il lui demanda s'il voulut bien s'en abstenir un jour en l'honneur de la très pure Vierge ; ce que cet homme ayant fait, et le saint l'ayant encore pressé de se mortifier un second jour pour l'amour de cette reine des anges ; comme ensuite il voulait encore lui parler pour obtenir de lui quelque nouvelle mortification : « C'en est fait, lui dit-il, mon Père, la résolution en est prise, je serai chaste le reste de mes jours. »

C'est ainsi que le ciel bénit ce qui se fait en l'honneur de son auguste princesse, la mère de toute pureté. Ses images mêmes ont une bénédiction particulière pour l'inspirer, et il est bon d'en avoir toujours sur soi quelqu'une, la portant avec dévotion et respect.

La ville de Rome étant extraordinairement affligée de la peste, le grand saint Grégoire y fit porter processionnellement, en grande solennité, l'image de notre bonne Maîtresse, pour impétrer de la divine bonté le remède à tant à de maux dont cette première ville du monde était affligée ; et, chose admirable, en même temps que cette dévote image passait par quelque lieu, l'air qui était infecté se purifiait, comme si même la corruption des éléments ne pouvait pas supporter la présence d'une image de la Mère de Dieu.

Il est donc nécessaire, pour être véritablement son esclave, d'avoir en horreur toute impureté et toutes les choses qui y conduisent, et d'aimer singulièrement la chasteté, comme la vertu de notre sainte dame.

Pour les vierges, leur bonheur est indicible, et elles sont appelées, par les Pères, « la plus illustre partie du troupeau de Jésus-Christ. »

Leurs privilèges ont des avantages si particuliers, qu'ils sont incommunicables à tous autres. Leur état est si saint, que les premières personnes de l'Église ont tenu à l'honneur d'en prendre soin.

Elles appartiennent à Jésus et Marie d'une manière qui leur est toute singulière. Elles seront distinguées dans l'éternité bienheureuse par une gloire qui leur sera propre, et qui ne sera que pour elles.

Ces vérités méritent bien qu'elles s'appliquent soigneusement à conserver un trésor si précieux, considérant que si la virginité est une liqueur céleste, elles la portent dans des vaisseaux de terre qu'il est facile de casser.

Il ne faut que broncher d'un pas pour tout briser et répandre. Elles en doivent concevoir, avec la grâce de Notre-Seigneur, une si haute estime, qu'il n'y a rien qu'elles ne doivent souffrir, perdre et faire pour sa conservation.

Combien de vierges, comme il a déjà été dit, ont donné leur vie et tout leur sang, et dans un âge très tendre, pour posséder toujours ce don du ciel ?

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De la chasteté de la très sainte Vierge


La dévotion à la Vierge des vierges et aux saints anges est un excellent moyen pour demeurer victorieux de ces tentations ; et il s'est trouvé des personnes qui, étant sur le point d'y succomber, en ont été délivrées heureusement, entendant seulement prononcer le sacré nom de Marie.

Saint Bernard ayant rencontré un homme tellement plongé dans le vice de l'impureté, qu'il lui semblait comme impossible de s'en corriger ; il lui demanda s'il voulut bien s'en abstenir un jour en l'honneur de la très pure Vierge ; ce que cet homme ayant fait, et le saint l'ayant encore pressé de se mortifier un second jour pour l'amour de cette reine des anges ; comme ensuite il voulait encore lui parler pour obtenir de lui quelque nouvelle mortification : « C'en est fait, lui dit-il, mon Père, la résolution en est prise, je serai chaste le reste de mes jours. »

C'est ainsi que le ciel bénit ce qui se fait en l'honneur de son auguste princesse, la mère de toute pureté. Ses images mêmes ont une bénédiction particulière pour l'inspirer, et il est bon d'en avoir toujours sur soi quelqu'une, la portant avec dévotion et respect.

La ville de Rome étant extraordinairement affligée de la peste, le grand saint Grégoire y fit porter processionnellement, en grande solennité, l'image de notre bonne Maîtresse, pour impétrer de la divine bonté le remède à tant à de maux dont cette première ville du monde était affligée ; et, chose admirable, en même temps que cette dévote image passait par quelque lieu, l'air qui était infecté se purifiait, comme si même la corruption des éléments ne pouvait pas supporter la présence d'une image de la Mère de Dieu.

Il est donc nécessaire, pour être véritablement son esclave, d'avoir en horreur toute impureté et toutes les choses qui y conduisent, et d'aimer singulièrement la chasteté, comme la vertu de notre sainte dame.

Pour les vierges, leur bonheur est indicible, et elles sont appelées, par les Pères, « la plus illustre partie du troupeau de Jésus-Christ. »

Leurs privilèges ont des avantages si particuliers, qu'ils sont incommunicables à tous autres. Leur état est si saint, que les premières personnes de l'Église ont tenu à l'honneur d'en prendre soin.

Elles appartiennent à Jésus et Marie d'une manière qui leur est toute singulière. Elles seront distinguées dans l'éternité bienheureuse par une gloire qui leur sera propre, et qui ne sera que pour elles.

Ces vérités méritent bien qu'elles s'appliquent soigneusement à conserver un trésor si précieux, considérant que si la virginité est une liqueur céleste, elles la portent dans des vaisseaux de terre qu'il est facile de casser.

Il ne faut que broncher d'un pas pour tout briser et répandre. Elles en doivent concevoir, avec la grâce de Notre-Seigneur, une si haute estime, qu'il n'y a rien qu'elles ne doivent souffrir, perdre et faire pour sa conservation.

Combien de vierges, comme il a déjà été dit, ont donné leur vie et tout leur sang, et dans un âge très tendre, pour posséder toujours ce don du ciel ?

Source : livres-mystiques.com

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Re: Méditation : Le saint esclavage de l'admirable Mère de Dieu

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CHAPITRE XI

Des souffrances de la très sainte Vierge


Mais ce qui soutient plus la pensée de saint Bernardin, est que la connaissance de la sainte Vierge était suivie d'amour, son amour était égal à ses lumières, elle avait des sentiments qui ne se peuvent dire de la grandeur de Jésus crucifié, qui faisait le sujet de ses douleurs, et elle avait pour lui un amour incomparable.

Comme elle a plus aimé que tout le reste des créatures, remarque un ancien, il est indubitable qu'elle a aussi plus souffert, la douleur, dit saint Augustin, ayant pour fondement l'amour.

Ajoutons à ces pensées que Marie était une mère qui souffrait, et une mère d'un fils unique, dont elle était mère sans père.

C'était une mère Vierge, et une mère d'un Dieu. Sa douleur n'était pas divisée, elle souffrait seule ce qu'un bon père et une mère tendre peuvent souffrir.

C'est pourquoi saint Joseph, qui n'était que son père nourricier, n'était plus au monde : son précieux coeur était le lieu où se formait comme un écho, où se faisaient entendre et ressentir les coups de fouets, les injures et moqueries de son Fils Dieu, dont l'âme divine étant séparée du corps, l'âme de cette bénite mère, comme l'assure Saint Bernard, fut comme mise en sa place par compassion, pour ressentir le coup de lance qui lui fut donné.

Saint Laurent Justinien enseigne qu'en ce temps de la passion, son coeur divin était tout semblable à une glace de miroir.

Mais c'était un miroir animé de Jésus mourant. Les clous, les cordes, les épines, les douleurs, la mort même, tout cela paraissait dans cet aimable coeur, et tout cela s'y ressentait comme dans un miroir animé.

Elle a révélé à sainte Brigitte, que le corps de Jésus étant dans le tombeau, c'était autant comme si deux corps eussent été dans un même sépulcre : mais ses douleurs ne se sont pas terminées au temps de la passion de son Fils bien-aimé, elles ont commencé avec la grâce de la maternité divine, et n'ont fini qu'avec sa vie, c'est-à-dire qu'elles ont duré pendant l'espace de cinquante-six années, le Verbe s'étant incarné dans ses pures entrailles, lorsqu'elle n'était âgée que d'environ 15 à 16 ans, et sa précieuse mort n'étant arrivée qu'à la soixante-douzième année de sa très sainte vie, et cela sans parler des autres peines qu'elle a portées depuis l'usage de raison qu'elle eut très parfait depuis le premier instant de sa conception immaculée jusqu'à l'heureux moment qu'elle fut faite mère de Dieu.

Sainte Brigitte nous apprend qu'elle connaissait par une lumière prophétique toutes les particularités de la passion de son unique Fils : c'est pourquoi pendant qu'elle lui donnait le lait virginal de ses sacrées mamelles, elle pensait au fiel et au vinaigre dont quelque jour il devait boire ; lorsqu'elle le portait sur son sein, elle considérait que ses bras délicats devaient être percés de clous, et attachés à une croix.

Parmi les chastes baisers qu'elle lui donnait, elle se représentait le baiser du traitre Judas. Si elle le voyait dormir, elle pensait à la mort qui devait quelque jour arriver.

Cette mère de douleur passait ainsi sa vie très pure, et en cela, dit saint Épiphane, elle était en même temps et le prêtre et l'autel sur lequel la victime était immolée, non pas une fois comme sur la croix, mais autant de fois qu'elle pensait à ce sacrifice.

Un savant homme considérant que Notre-Seigneur n'avait fait que goûter un peu de la portion du vin de myrrhe qu'on lui avait présenté, ce n'est pas sans mystère, dit-il, c'est qu'il voulait que sa sainte mère bût le reste de ce calice.

Source : livres-mystiques.com

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